La poudre d'escampette
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La vie à Niou

Je pars certes dans un cadre associatif, cependant la vie au village ne peut se définir seulement par cette expérience. Si tu as déjà parcouru quelques une de mes pages, tu l'auras bien compris, ce que je retiens, ce n'est pas forcément dans les choses à voir, les sites touristiques. Je trouve mon bonheur dans l'errance et les rencontres. 

Même si je ne développe pas ma relation avec elle à travers ces quelques pages, je les lui dédicace. Flore est une des plus belles rencontres que j'ai pu faire au cours de ce voyage. C'est elle que je rejoindrais plus tard en Asie. (mais c'est une toute autre histoire). Avec Flore, nous sommes deux nazaras/blanches à la découverte de la vie sur place. 

De par le bénévolat et en tant que famille d'accueil, je passe beaucoup de temps avec les enfants de la famille à Pouspoko :

Kipri, l'ainée, approche de ses douze ans ; Goudi 4 ans et Benji 9 ans. Arsène, leur ami en a 8. Ce sont eux qui m'apprennent le mooré. Ces instants me ravirent.

Kipri n'est plus tout à fait une enfant, elle a la responsabilité de ses cadets et de soulager sa grand-mère. Quand cette dernière n'est pas encore là, c'est Kipri qui prépare le repas. Et avec Kipri, c'est toujours la soupe.

 Camille et Thomas, le couple de bénévoles n'acceptent pas que, lors des repas enfants et adultes ne se mélangent pas, chacun sa place, chacun sa natte. Mais apparemment, il n'y a que moi que ça ne choque pas. (Perso, jusqu'à l'adolescence, c'était le coin / la table des enfants. Après les 12 ans, si tu ne manges pas à table, c'est ton problème. De même, tu es l'ainée, c'est à toi de veiller sur tes cadets et d'aider tes ainés. Ainsi se forge l'autonomie.) 

Ici, les enfants s'occupent de leurs ainés et les adultes ont tous été des enfants. On les responsabilise. Ils travaillent au champ, c'est les vacances scolaires. Mais comment dire... Y a pas la CAF, y a pas la sécu, y a tout simplement pas de fric... Bref, je te vois ulcérer derrière ton écran ; mais soyons réaliste, c'est quoi la solution ? Si les enfants travaillent, c'est que la famille est pauvre. Je ne dis pas que ça ne me dérange pas, juste que c'est plus complexe que de simplement dire : "c'est pas bien"... Bref, on va refaire le monde à coup de blabla... 

Au bout de quelques jours, à la nuit tombée, à partir de19h. Tout le monde reste dans sa cour à cause des coupeurs de route. Il y a eu des cas de disparitions d’enfants dans les villages environnants. Avant ça, comme activité nocturne, nous dansions, faisions du limbo et chantions avec les autres enfants du voisinage. J'ai voulu changer d'activité. Il y a une télé à la buvette du village, pour ceux qui n'en ont pas, c'est un point de rassemblement. Mais entre le temps de l'hivernage et les coupeurs de route, ça complique un peu les choses. Mais bon, j'ai apporté mon ordinateur. Du coup, chez Pouspoko, nous avons visionné des films tels que "L'homme sans tête", "Mon oncle" de J Tati, (rebaptisé par Kiprie "le film des petits blancs"). A voir le regard que portent ces enfants, on comprend pourquoi le Burkina est le haut lieu du cinéma panafricain. (Tu te dis ah bon ? ; et bien, regardes ce qu'est le FESPACO)

Je suis arrivée pendant la fin du ramadan. Le jour de la  fête de l'AÏd, il  pleut la veille, le soir dès 15h jusqu'au matin. L'hivernage prend tout son sens. Il y a des festivités pour célébrer l'Aïd. C'est à cette époque que je fais connaissance avec Alice, une jeune mère célibataire ( Et de par ce fait considérée comme peu fréquentable, oui, il ne faut pas grand chose pour être mal vue. Alors avec mes piercings, tatouages et le fait que je fume, je suis une pute ! Mais bon, c'est ainsi dans beaucoup d'endroits dans le monde. Bref...)

 Alice me présente sa cousine Josie et Maïmouna avec qui je sympathise directement. Grâce à ces amitiés, j'entrevois les subtilités burkinabées. J'ai aussi rencontré "un" de ses amis, Jean, vers la fin de mon séjour. 

La merveilleuse Alice

 Alice me fait découvrir le dolo, une boisson qui à fermentation devient la bière locale. Avant cela, elle est consommable même par les enfants. Sa famille est celle qui le produit dans le village. Les jours de marché, leur stand devient un point de rencontres et d'échanges.

Je passe beaucoup de temps avec Alice. On ne fait rien de fou, on squatte. A tel point, que le soir, je regarde une saga burkinabé avec sa famille et je kiffe!

 

 

Les filles sont festives, tout comme moi. Du coup, on sort aussi pour danser au carré. La buvette locale fait office à partir du vendredi soir du carré de niou: un lopin de terre emmurée pour le délimiter (en forme de carré évidemment), C'est à ciel ouvert où tous les âges sont représentés (de 7 à 77 ans comme la chanson) pour danser, il y a l'esprit battle. Génial!

Toutes les histoires, sur la page Laafi béhémé, Burkina

 

voyage solidaire réalisé en octobre-novembre 2011 visitez la galerie

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© Virginie Desbois